Guide · Donations internationales

Donation France–Japon

Aucune convention fiscale ne couvre les donations entre la France et le Japon, deux pays qui appliquent par ailleurs des règles de rattachement fiscal très strictes fondées sur la résidence. La combinaison de ces deux systèmes peut conduire à une double imposition qu'il convient d'anticiper.

Convention donations : nonDroits de donation locaux : oui

1. Existe-t-il une convention fiscale sur les donations ?

Non — il n'existe pas de convention fiscale franco-japonaise en matière de droits de donation ou de succession.

En l'absence de convention, la France applique son droit interne : l'article 750 ter du code général des impôts rend taxable en France toute donation dès lors que le donateur, le donataire, ou le bien transmis, présente un lien avec la France selon les critères qu'il fixe. Le Japon applique de son côté un régime interne exigeant, fondé sur la résidence effective du donataire au Japon. Lorsque les deux administrations taxent la même donation, l'article 784 A permet d'imputer l'impôt japonais déjà acquitté sur l'impôt français correspondant, dans la limite de ce dernier.

Voir aussi la fiscalité des donations internationales et les conventions fiscales internationales.

2. Le pays applique-t-il des droits de donation ?

Oui, le Japon applique un impôt sur les donations (zoyozei) parmi les plus lourds au monde, avec des taux progressifs élevés et des abattements limités.

RepèreCe qu'il faut retenir
Abattement annuel de baseUn abattement modeste s'applique chaque année civile, hors régimes spécifiques
Taux progressifsBarème pouvant atteindre des taux très élevés au-delà de certains seuils
Critère de rattachementLa résidence effective du donataire au Japon déclenche l'imposition, même pour des biens situés hors du Japon
Régimes spécifiquesDes dispositifs particuliers existent pour l'éducation, le logement ou la transmission d'entreprise, sous conditions strictes

3. Les règles civiles de la donation

La loi applicable à une donation impliquant un résident japonais dépend des règles de droit international privé de chaque État saisi. Le droit japonais ne connaît pas de réserve héréditaire organisée de la même manière que le droit français, mais un mécanisme de part réservataire distinct (iryubun). La donation-partage telle que pratiquée en France n'a pas d'équivalent direct en droit japonais. La forme notariée n'est pas systématiquement requise au Japon pour les donations, contrairement à la France pour les donations immobilières.

Voir aussi les enjeux civils des donations internationales et la réserve héréditaire en contexte international.

4. Comment se formalise une donation sur place

  • Le Japon retient une notion de résidence fiscale fondée sur la durée de séjour effective, qui détermine l'étendue de l'imposition des donations, y compris pour des biens situés hors du territoire japonais.
  • Les taux d'imposition japonais sur les donations figurent parmi les plus élevés des pays développés, ce qui rend les stratégies de donation directe souvent coûteuses sans anticipation.
  • Certains abattements temporaires existent pour les donations liées au logement ou à l'éducation des descendants, sous conditions de forme et de délai précises.
  • Les documents doivent généralement être traduits et légalisés pour être opposables aux administrations des deux pays.

5. Le lien avec la France selon la nature des biens

Les biens immobiliers

Un bien immobilier situé au Japon donné par un résident français reste imposable au Japon selon son droit interne, et peut également être taxé en France si le donateur y est domicilié, en application de l'article 750 ter. L'imputation prévue à l'article 784 A vise à limiter le cumul, sans toutefois garantir une neutralité totale compte tenu du niveau élevé de l'impôt japonais. Un immeuble situé en France donné par un résident japonais demeure taxable en France.

Les liquidités et placements financiers

Les dons de sommes d'argent, de titres ou de valeurs mobilières entre la France et le Japon sont soumis aux règles de résidence de chaque État. En France, toute donation doit faire l'objet d'une déclaration, notamment via le formulaire 2735 pour les dons manuels. Si le donataire réside en France depuis au moins six des dix dernières années, la France impose l'ensemble des biens reçus, où qu'ils soient situés, sous réserve d'imputation de l'impôt japonais éventuellement acquitté.

À retenir

L'absence de convention et la sévérité de la fiscalité japonaise des donations imposent une analyse précise de la résidence fiscale des parties avant toute opération. L'imputation de l'article 784 A atténue mais n'élimine pas nécessairement le risque de double imposition.

6. Questions fréquentes

Existe-t-il une convention fiscale France–Japon sur les donations ?

Non, il n'existe pas de convention fiscale franco-japonaise couvrant les donations ou les successions. Chaque État applique son droit interne, la France atténuant la double imposition par l'imputation prévue à l'article 784 A du code général des impôts.

Le Japon impose-t-il lourdement les donations ?

Oui. Le Japon applique un barème progressif dont les taux peuvent être très élevés au-delà de certains seuils, avec des abattements limités hors dispositifs spécifiques liés au logement, à l'éducation ou à la transmission d'entreprise.

Autres pays

Document d'information générale, à jour des règles connues à sa date de rédaction. Il ne se substitue pas à un conseil personnalisé, qui suppose l'examen de votre situation particulière.